Le gravage

Très ancien, le gravage ou droit de varech (anglois wrack ou wreck, naufrage ) est l'un des Droits de Mer en Normandie : " Tout ce que l'eau aura rejeté et poussé à terre est varech." Au Moyen – Âge, le seigneur d'un fief  littoral peut s'emparer librement de tout objet amené par hasard ou par accident sur son domaine : navire, tonneau de vin , pièces de charpente… Le pouvoir royal se réserve  les objets précieux exclusivement : or, soie, écarlate, poissons royaux … S'il restait un survivant, le droit de varech était supprimé. Et s'il restait un animal vivant, le temps d'attente était de trois mois.

Lorsqu'on trouvait quelque chose à gravage, on déposait dessus une pierre ou une algue  : l'objet avait déjà un découvreur. On était alors tenu de la déclarer à la Douane. Les domaines faisaient une mise aux enchères et souvent on pouvait l'acquérir à peu de frais. Mais quand on " récupérait" un tonneau de vin, de belles poutres en chêne, ou des paquets de tabac, leur valeur était bien trop importante. De là la tentation de les " mucher", de les cacher, de les soustraire à l'attention des douaniers et du fisc.

Les petites caches

Elles étaient destinées à stocker les marchandises issues de la fraude. Les caches domestiques ou petites caches servaient à la consommation familiale. Elles sont situées près de la maison et comportaient parfois un pot en terre cuite pour protéger le tabac de l'humidité. Le Viquet N° 131 - La fraude dans la Hague au 19 siècle.

Digulleville a compté plusieurs caches, toutes disparues : la Haizette ( 2 ), la maison Margot, les asselins, et au hameau ès Fours.

Les grandes caches

Plus rares sont les grandes caches, concues pour un trafic plus important. On en connaît 2 sur Beaumont, 1 sur Omonville la Petite, et plusieurs sur St Germain des Vaux. Une structure énigmatique, un grand coffre, a été observée en 1984 /85 à Jardeheu.  « La partie restante mesurait 3,10 x 1,10 /1,15 x 0,45/0,50m. Elle était soigneusement construite avec des grandes dalles de grès local  « pierre d’Omonville » avec une mise en place antérieure au «  petit âge glaciaire qui s’achève au début du XIXè siècle. On ne voit guère comment interpréter cette structure autrement que comme une cache à fraude – vraisemblablement fraude de textile avec les îles anglo-normandes. » ( Gérard Fosse et Gérard Vilgrain ). On pense bien sûr au chevalier de Rantot, habitant tout près...

signalons une autre hypothèse de travil qui ferait de cette structure une tombe d'âge indéterminé... Cette cache a malheureusement disparu, victime des pilleurs.

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