La Fraude aux 17è et 18 è siècles

D'une industrie florissante

Depuis 1513, les îles anglo – normandes   fabriquaient des marchandises d'excellente qualité et moins chères qu'en France - bas d'estame, tricotés aux aiguilles, étoffes de velours et de taffetas -  et les écoulaient sur le continent. En retour, le Cotentin exportait, vers les Iles, mais aussi vers l'Espagne et le Nouveau Monde, des serges et des toiles provenant des manufactures de Coutances et St Lô. Le commerce était florissant.

( Les fraudes dans la Hague – Le Viquet N° 31 – Jersey vieux pays )

À la ruine du commerce local

Mais au XVIIè siècle, une décision protectionniste de Colbert vint ruiner le commerce des étoffes dans le Cotentin. Afin de protéger les manufactures royales, il est interdit d'importer, et même de porter, des étoffes étrangères.

La contrebande, la fraude, est née à cette époque, de l'impossibilité d'échanger, de commercer librement.

( Les fraudes dans la Hague – Le Viquet N° 31 – Jersey vieux pays )

La fraude à grande échelle

Indienne
Indienne

Si l'on en croit les sources jersiaises, "tout le monde dans les îles tricotait : hommes, femmes et enfants, jeunes comme vieux… Chaque semaine, on exportait six mille paire de bas tricotés. Le profit était si grand qu'une loi de 1606 interdit aux Jersiais de tricoter pendant la moisson et le ramassage du varech."  ( Les fraudes dans la Hague – Le Viquet N° 31 – Jersey vieux pays )

La demande était en effet très forte : la bourgeoisie et le peuple s'étaient entichés de ces tissus imprimés, les indiennes. Tout au long des côtes, et sur les îles anglo-normandes, les capitaines emplissaient leurs cales de toiles imprimées.  Ces imitations, très réussies et moins chères, assuraient aux contrebandiers de gros bénéfices.

Mais à grands profits, grands risques : bateau et cargaison confisqués,amendes, condamnation aux galères, nabbissement, marquage au fer rouge . Un galérien sur trois était un fraudeur.

La fraude ne diminuant pas, on prit alors des mesures draconniennes : création de postes de douane dans chaque commune littorale, et,  en 1670, les fermiers généraux, principales victimes du trafic, affrétèrent une patache - petit navire à voile -  la Sainte Geneviève, pour lutter contre les fraudeurs. C'est le lointain ancêtre de nos vedettes des douane.

Mairie de Digulleville

rue Dezert

50440 DIGULLEVILLE

Tél. 02 33 52 68 25 - Fax. 02 33 52 68 71

Courriel : mairiedigulleville@west-telecom.com